Benjamin Ball, à l'origine de copwatch.fr.over-blog.com, n'en revient pas. Depuis une semaine, son blog créé en décembre 2010 bénéficie d'une fréquentation sans précédent avec des milliers de visiteurs par jour. A l'origine de ce buzz inattendu, le lancement polémique et critiqué de https://copwatchnord-idf.org, site "consacré à la diffusion de renseignements précis sur l'ensemble des forces de l'ordre par le biais d'articles, d'images (photos et vidéos), mais aussi et surtout de trois larges bases de données sur la police". Dès mercredi, le syndicat de police Alliance exprimait son mécontentement à l'encontre de ce nouveau venu sur la toile. En 48 heures, le site faisait l'objet de deux plaintes pour diffamation déposées par le ministre de l'Intérieur et de dizaines de plaintes déposées par les fonctionnaires de police. A cela s'ajoutait la demande, de Claude Guéant à la justice, debloquer le site. 

Des noms... ou pas

Si le site Copwatch comme le blog ont pour un objectif commun de lutter contre la répression et de dénoncer les pratiques et bavures de la police, les deux n'ont clairement pas les mêmes pratiques. Ainsi, le site https://copwatchnord-idf.org lancé par des libertaires qui souhaitent  garder l'anonymat, est aujourd'hui sans limite: photos, noms, affectations, comportements, surnoms tout y passe... La brigade spécialisée de terrain de Belleville, entre autres, est étalée sur le web, comme une série de portraits de policiers en civil officiant dans Paris. Avec le blog copwatch.fr.over-blog.com qu'il a lancé avec deux amis le 28 décembre 2010, le Francilien de 27 ans Benjamin Ball ne compte pas aller jusque là. "Nous ne mettons jamais les adresses et les noms des fonctionnaires et nous surveillons notre vocabulaire, précise--il. Nous faisons en sorte que dans notre communication il n'y ait aucune notion de haine. Nos objectifs: que la police respecte la loi et qu'elle ait une force proportionnée, que le code de déontologie soit respecté, et que les recours à l'encontre de la police soient simplifiés, avec par exemple, l'obtention pour les plaignants du numéro de matricule des policiers". Benjamin l'affirme, le jour où ses règles seront respectées, les photos des policiers ne seront plus publiées sur son blog. "Pour l'instant nous les mettons, car il faut bien identifier les policiers qui auraient abusé de leurs fonctions...". 

Des adresses protégées?

Malgré la demande du ministère de l'Intérieur, le site Internet https://copwatchnord-idf.org devrait garder sa place sur la toile.Le site étant hébergé aux Etats-Unis, il devrait être très difficile pour les autorités de le fermer. Depuis la polémique et leur médiatisation, les contributeurs anonymes de Copwatch n'ont d'ailleurs pas hésité à narguer les forces de l'ordre. "On fait passer le site pour anti-flic puis on fait croire que les familles de policiers vont être mises en danger", indiquent-ils dans un communiqué soulignant que jamais "une seule donnée sur les familles ne sera publiée". Et d'avertir les policiers quelques lignes plus bas: "Nous allons montrer qui vous êtes réellement et la répression quotidienne que vous faîtes subir à la frange la plus pauvre de la population. Nous étendrons le copwatching, nous vous l'imposerons et vous le subirez". 
Le blog de Benjamin Ball copwatch.fr.over-blog.com, qui est passé d'une dizaine de clics par jour à plusieurs milliers, devrait lui aussi avoir de beaux jours devant lui. "On ne fait rien de mal, nous connaissons nos limites. Oui il y a bien des gens d'extrême droite qui nous menacent, mais pour l'instant, rien de méchant et aucune demande de fermeture connue" affirme-t-il.