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Le blog de Benjamin Ball

Le blog de Benjamin Ball

"ce qui m'effraie ce n'est pas l'oppression des méchants c'est l'indifférence des bons"MLK Pour me contacter : 06 49 98 57 53 benjamin@wesign.it

APPEL POUR LE CAMPEMENT NO BORDER COLOGNE/DÜSSELDORF 2012

 


APPEL POUR LE CAMPEMENT NO BORDER COLOGNE/DÜSSELDORF 2012

 

http://noborder.antira.info/

 

 

 

 

 


Camping et luttes antiracistes

Un campement avec des actions, des ateliers, des discussions et pour se mettre en réseau

Du 13 au 22 juillet aura lieu un campement No Border à Cologne, organisé par un réseau ouvert de groupes et d’activistes impliqué·e·s dans des initiatives antiracistes. Venez au campement ! Préparez des ateliers, des actions, des idées ! Rejoignez le processus de préparation décentralisé ! Le campement sera ce qu’on en fait !

POURQUOI UN CAMPEMENT NO BORDER ?

Les frontières européennes prennent des formes multiples. Elles entourent l’Union européenne, ett se manifestent à l’extérieur de l’espace Schengen, dans les pays voisins et « de transit ». Les tracés intérieurs des frontières traversent les sociétés et elles sont autant de rapports d’exploitation et/ou de domination, qui d’ailleurs discriminent aussi en fonction du genre. Tandis que les États hors de l’UE comme l’Ukraine ou la Tunisie se voient obligés d’intercepter les migrant·e·s et les personnes réfugiées, avant même qu’elles aient atteint l’espace Schengen, les institutions étatiques à l’intérieur de l’UE exercent des violences de manière structurelle : contrôles policiers racistes, conditions de travail précaires pour les personnes rendues « illégales », placement dans des camps pour réfugié·e·s, assignation à résidence et expulsions depuis toute l’Europe – tout cela et bien d’autres choses encore témoigne du racisme qui s’exprime face à celles et ceux dont on affirme qu’illes sont « les autres », racisme qui est profondément enraciné et établi dans la société.

Pourtant, constamment des transgressions de ces frontières ont lieu : par exemple quand des réfugié·e·s se révoltent dans les camps aux bords de l’Europe, quand les migrant·e·s restent malgré les conditions de vie précaires et quand des réseaux se forment pour lutter ensemble contre ces racismes destructeurs. Par ailleurs, le régime européen contre les migrations montre de signes de faiblesse. Même si l’année 2011 a été jusque là l’année la plus meurtrière pour les réfugié·e·s tentant de traverser la Méditerranée, les révolutions nord-africaines du printemps 2011 ont provoqué un effondrement temporaire du régime frontalier européen externalisé. En même temps, l’Europe a vue l’irruption de conflits intérieurs suite aux politiques d’austérité appuyées de manière autoritaire notamment par l’Allemagne, conflits particulièrement visibles dans les contestations sud-européennes contre les agressions économiques au nom de la crise et les politiques d’appauvrissement

QUELS OBJECTIFS POUR LE CAMPEMENT COLOGNE/DÜSSELDORF ?

En tant que personnes participant au campement, nous aimerions créer un espace de propositions, d’écoute, de soutien et de partage des savoirs – où les personnes réfugiées/migrantes/personnes racisées/PoCs [1] trouvent leur place pour s’organiser. Nous voudrions développer des stratégies qui nous permettent de surmonter les frontières qui souvent nous séparent et d’agir ensemble contre le racisme. Par des actions communes nous chercherons à créer de la visibilité et à dépasser le sentiment d’impuissance. Parce que le racisme structurel est omniprésent, le groupe d’organisation des préparatifs est majoritairement constitué de personnes blanches [2]. Cependant, nous tentons de créer ensemble un environnement qui permet à chacune et chacun de participer aux préparatifs et au campement même.

Par ce campement No Border nous voulons exercer une pression politique sur les responsables de la machine à expulser et sur celles et ceux qui en profitent. Les actions pendant le campement peuvent suspendre temporairement le régime des frontières ! La résistance et l’auto-organisation ont effectivement déjà empêché des expulsions ! Pour cette raison, une journée d’action contre les expulsions est prévue à l’aéroport de Düsseldorf le samedi 21 juillet. Les profiteur.euse.s telles que la compagnie aérienne Air Berlin n’ont qu’à bien se tenir!

Les réalités quotidiennes des réfugié·e·s et des migrant·e·s

Le campement entend également créer un espace pour thématiser les réalités quotidiennes des personnes réfugiées et pour renforcer les luttes multiples pour le libre choix du cadre de vie ! L’entassement imposé dans des lieux dits « d’hébergement collectif » rend malade physiquement et psychiquement, et les personnes concernées directement dénoncent régulièrement le système d’humiliation et d’isolement que représente le placement dans les camps. Cette politique des camps vise directement les expulsions et se poursuit par d’autres moyens, comme par exemple l’assignation à une zone géographique précise (Residenzpflicht [3]) et les interrogatoires en lien avec les ambassades visant l’obtention de papiers nécessaires à l’expulsion qui ont lieu également au service central de l’immigration à Cologne.

Les personnes directement touchées par ces mesures ont initié des actions en divers endroits et continuent à le faire : conférences et campagnes contre la Residenzpflicht et manifestations contre l’hébergement obligatoire en camps de réfugié.e.s et le système de bons alimentaires, pointant également le problème des violences policières racistes. Ce mois de mai a été le théâtre de journées d’action contre les audiences préalables aux expulsions à Berlin ; un « Break Isolation Camp » (Campement pour Rompre l’Isolement) contre l’hébergement obligatoire des réfugié.e.s en camps, aura lieu dans la région de Thuringia en Allemagne de l’est, et d’autres mobilisations communes auront lieu à de nombreux endroits.

D’autres lieux à Cologne sont symptomatiques des réalités auxquelles sont confrontées les personnes d’origine étrangère, les personnes de Couleur, les Noir·e·s (…) et les générations suivantes qui, bien qu’ayant grandi en Allemagne, sont toujours considérées comme « les autres » : en 2004, le groupe néonazi armé NSU a commis un attentat à la bombe à clous dans le quartier de Köln-Mülheim, visant les populations de couleur. Le quartier général des services secrets intérieurs (Verfassungsschutz), qui sont impliqués dans la série d’assassinats commis par le NSU, se trouve également à Cologne. À nouveau à Mülheim, à Kalk et dans d’autres quartiers de Cologne, des personnes originaires de Bulgarie et de Roumanie font face quotidiennement à l’hostilité publique et aux rafles de la police. Le fichier central des étranger·e·s, le AZR, se trouve également à Cologne : il s’agit d’une des plus importantes bases de données du pays qui sert au recensement raciste des personnes sans-papiers et à laquelle des milliers d’« administrations partenaires » peuvent accéder.

Thématique principale : le racisme contre les Rroms/anti-tsiganisme

En Allemagne et en Europe la discrimination structurelle, la stigmatisation sociale et le racisme quotidien visant les Rroms n’ont eu de cesse au cours de l’histoire. Sous le 3e Reich les Rroms ont subi persécutions, diffamations et meurtres. La République Fédérale d’Allemagne, en tant qu’État successeur, n’a jamais assumé sa responsabilité. Au contraire, nombre de Rroms et de Sintis n’ont toujours pas le droit de séjour, et sont stigmatisé.e.s et déporté.e.s. Le racisme anti-Rroms, soit la perception stéréotypée et le rejet global des Rroms et des Sintis, ne se manifeste pas uniquement par les marches et pogroms qui ont eu lieu récemment dans plusieurs pays de l’Europe de l’est, et qui sont juste symptomatiques d’une apogée de violence. En Allemagne les Rroms sont confronté.e.s à la propagande raciste des médias et à l’exclusion sociale. Les Rroms qui migrent vers les pays d’Europe de l’ouest en raison du racisme de plus en plus agressif et de l’extrême pauvreté auxquels illes doivent faire face notamment en Roumanie et en Bulgarie, sont ici tout autant confronté.e.s à des discriminations et à une suspicion généralisée causées par les campagnes populistes et racistes dont illes font l’objet. Cela arrive couramment à Leverkusen où les médias utilisent des termes comme « Mafia » pour parler de familles Rroms, où la police fait des raids et des contrôle au faciès sur des critères racistes dans les transports publics.

La politique locale laisse ici libre cours aux animosités – souvent avec la complicité des médias. Les personnes concernées se voient reprocher leur situation sociale (une conséquence directe des persécutions, des expulsions et de la pauvreté qu’elles subissent) qui est considérée comme un trait caractéristique qui leur serait propre ; la réclamation de plus de mesures répressives s’ensuit. Dans une campagne anti-tsigane à Dortmund ce sont des travailleuses du sexe venant de Bulgarie qui ont été désignées comme cause d’une menace imaginaire. Subissant des stigmatisations multiples (en tant que travailleuses du sexe et en tant que personnes assignées au rôle de femme), leur activité a été mise sur le même plan que le crime organisé et les violences afin de rendre illégal un travail qu’elles exercent dans des conditions déjà précaires.

D’autre part, l’exclusion sociale des Rroms se manifeste lors des expulsions collectives régulières et de plus en plus fréquentes vers la Serbie, la Macédoine ou le Kosovo, basées sur des accords dits « de réadmission », et qui concernent même des familles résidant en Allemagne depuis plus de vingt ans. Les pratiques de déportation et les méthodes utilisées par l’État allemand contre les Rroms créent des traumatismes et forcent les personnes à vivre dans des conditions inhumaines et en marge de la société dans les pays de l’ex-Yougoslavie. Partout en Europe, la majorité blanche accepte tacitement l’état de fait que les Rroms ne peuvent rester et « se déplacer librement » qu’à l’intérieur de camps clôturés, « dans leurs quartiers », tandis que les blanc.he.s se demandent comment coloniser la lune !

La campagne ”alle bleiben!” (“tout le monde reste!”), qui lutte pour le droit de résidence des Rroms, a donné lieu à des manifestations contre les dernières expulsions collectives en date à l’aéroport de Düsseldorf ; des expulsions qui mènent à une vie sans perspectives et à l’exclusion sociale au Kosovo et en Serbie. Par le soutien aux personnes menacées d’expulsion, la campagne essaye de faire en sorte que les avions décollent avec le moins de passagèr·e·s possibles. Le campement No Border veut se joindre à ces luttes contre les expulsions et pour une vie meilleure. Il entend leur servir de plateforme et veut rendre visible et audible la résistance des activistes Rroms. Solidarité et soutien aux activistes Rroms ! Halte à toutes les expulsions !

Des camps aux expulsions, de Sarrazin au NSU – attaquons les réalités racistes !

Quel est le lien entre le NSU[4], l’organisation d’extrême-droite Pro Deutschland ou la controverse autour des thèses de Sarrazin[5] et les expulsions pratiquées par les autorités allemandes ou le quotidien des réfugié·e·s dans les camps ? Le terme racisme désigne un rapport social et institutionnel étendu qui n’existe pas uniquement dans les « marges de la sociétés » et que l’on ne peut pas minimiser en parlant de « cas isolés ». Le racisme a lieu au quotidien, tous les jours des personnes sont considérées comme « les autres », sont mises à l’écart de la société, et enfermées dans des stéréotypes. C’est aussi ce racisme quotidien qui a permi de cacher au public la série d’assassinats commis par les tueurs néonazis du NSU pendant des années.

Au contraire, les victimes et leurs familles ont été accusées par les enquêteur.euse.s d’avoir été impliquées dans des activités criminelles. Cette stratégie d’inversion des responsabilités est une vieille tradition en Allemagne. Le réfugié Safwan Eid a été accusé d’être l’auteur d’un incendie criminel dans un camp de réfugié.e.s en 1996 ; le demandeur d’asile Oury Jalloh qui a brûlé vif dans sa cellule de police en 2005 aurait lui même causé sa mort en mettant le feu au matelas auquel il était attaché. Selon cette logique, les personnes qui subissent des discriminations racistes sont elles-mêmes la raison de ce racisme – ainsi le problème vient des personnes qui doivent endurer le racisme et non pas de celles qui en tirent des privilèges, soit la majorité blanche allemande. Les personnes de confession musulmane, ou perçues comme telles, sont souvent associées au terrorisme et au fondamentalisme et à des stéréotypes racistes . Dans le racisme anti-islamique, la sexualisation des femmes définies comme « musulmanes » passe par l’envie « de tout dévoiler », en interaction avec la non-reconnaissance de leur auto-détermination et de leur émancipation.

Ce racisme profondément ancré dans la société a atteint un autre sommet en 2010 avec la controverse amenée par Thilo Sarrazin lorsque ce politicien social-démocrate a combiné son biologisme avec le racisme culturalisant. Ou bien on utilise la catégorie colonialiste de « race » ou bien on la remplace par la notion de « culture », ce qui revient toujours à assigner certaines caractéristiques à des individu.e.s. On les transforme ainsi en « représentant.e.s » d’un groupe arbitrairement défini. Et ce n’est pas seulement par la controverse de Sarrazin que les migrant.e.s ont été classifié.e.s selon leur « utilité » afin de créer finalement une image inversée des rapports de reproductions au niveau global. Ici la boucle de la normalisation du racisme est bouclée. Si nous nous taisons, nous participons : quand les Rroms sont expulsé.e.s collectivement vers les rudes hivers du Kosovo, quand les réfugié.e.s doivent supporter les lois discriminatoires telle la Residenzpflicht allemande, ou quand les PoCs entendent constamment la question « d’où êtes-vous réellement ? ».

Priorité sur les actions contre les expulsions

Le campement No Border de cette année entend faire de l’aéroport de Düsseldorf, pivot de la machine à expulser européenne, une cible prioritaire pour les actions. La plupart du temps, la coordination des vols charters pour les expulsions collectives est prise en charge par FRONTEX, l’agence européenne de protection des frontières, qui mène une guerre contre les réfugié·e·s et migrant·e·s bien au-delà des frontières de l’Union européenne. L’agence pour « la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne » vise les réfugié·e·s et migrant·e·s bien en amont des frontières européennes, par exemple devant les côtes d’Afrique de l’Ouest ; les personnes en quête de protection sont donc rendues « illégales » avant même d’avoir atteint l’Europe.

FRONTEX dispose d’un budget de plus de 10 millions d’euros pour financer les opérations dites « de retour », c’est-à-dire les avions charters qui se rendent à plusieurs aéroports européens afin d’y « recueillir » les personnes qui seront ensuite expulsées par la force mais loin de l’attention publique. Ces vols ont lieu dans toute l’Europe – des informations existent sur ces expulsions regroupées à destination de différents pays, notamment au départ de la Suède, d’Angleterre, de la Belgique et des Pays Bas. Des manifestations contre ces vols charters coordonnés et financés par FRONTEX ont toutefois lieu sur de nombreux sites de décollage. La plupart des expulsions regroupées par FRONTEX dans toute l’Europe concernent les réfugié·e·s du Nigeria et visent de toute évidence à dissuader les personnes qui voudraient émigrer depuis ce pays qui est l’un des plus peuplés d’Afrique. Depuis des années, des réfugié·e·s organisé·e·s se défendent contre les « auditions » menées par la police allemande en coopération avec l’ambassade du Nigeria. Lors de ces interrogatoires les personnes sont arbitrairement « identifiées » comme citoyen·ne·s nigérian·e·s, ce qui permet de leur obtenir des papiers et ainsi permettre leur expulsion. Ces auditions et les expulsions vers le Nigeria seront également thématisées pendant la semaine du campement.

La plus grosse compagnie aérienne à Düsseldorf, Air Berlin, met à disposition des avions pour les expulsions vers l’ex-Yougoslavie, profitant ainsi de ce sale business de déportation. Mais la résistance donne aussi des résultats : début février 2012 par exemple, 70-75 places étaient réservées pour une expulsion regroupée – mais au final « seulement » 16 personnes se sent trouvées dans l’avion. Les manifestations et blocages ont créé un dérangement significatif du business habituel à l’aéroport de Düsseldorf, et le campement entend bien prendre la suite avec d’autres actions !

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ET AU-DELÀ DES FRONTIÈRES

L’objectif du campement est de montrer du doigt les liens entre le racisme quotidien et le racisme institutionnel et de les rattacher à d’autres champs ou formes de discrimination. Nous voulons critiquer le racisme en tant que rapport de pouvoir dans l’ensemble de la société. Par le campement, des actions publiques et la présence de médias critiques, nous comptons venir déranger les discours qui relativisent le racisme et tentent de le banaliser comme un problème provenant de fanatiques isolé·e·s. Situer le racisme de manière explicite dans le contexte des rapports de domination néo-coloniale et d’exploitation capitaliste fait partie de cette démarche – prolongeant le slogan suivant, marqué depuis longtemps par des réfugié·e·s et migrant·e·s auto-organisé·e·s : « Nous sommes ici, parce que vous détruisez nos pays ! »

Les thématiques, questionnements et défis associés à cette problématique seront constamment présent lors du campement. Nous prévoyons entre autres de faire une grande action contre la vente aux banques, fonds d’investissement et autres grandes entreprises de terres agricoles fertiles, phénomène qui a connu une augmentation rapide depuis 2007. L’accaparement des terres s’est changé en une vague massive d’expropriations qui a provoqué la perte de leur habitat pour des centaines de millions de paysan.ne.s et de pêcheur.euse.s dans les « pays du Sud » et par conséquent, la migration vers les villes et le « Nord ».

Nous voulons soulever la problématique de l’exploitation particulière des personnes migrantes et de leurs conflits au travail, à l’aéroport par exemple, qui peuvent à leur tour être connectés à d’autres résistances contre les conditions de travail précaires : il n’y a pas qu’en Grèce qu’on a vu des manifestations massives et des grèves. Les conséquences considérables de la crise ont exacerbé les conditions déjà désastreuses que les réfugié·e·s, migrant·e·s, et de nombreuses personnes de Couleur doivent affronter pour subsister. Ici, le campement peut être un espace de rassemblement pour nous permettre d’intervenir en prenant en considération les évolutions actuelles, dans lesquelles se croisent les manifestations contre les processus quotidiens de paupérisation et les migrations pour former un mouvement contre les inégalités au niveau mondial.

Par ailleurs, le campement No Border se veut un espace qui permette aux personnes réfugiées, migrantes et à toutes celles et ceux qui veulent soutenir leurs luttes de développer des visions, analyses et pratiques communes et de créer des liens entre différentes luttes.

Le campement nous donnera également l’opportunité de croiser et de combiner des perspectives antiracistes, anticapitalistes, antifascistes et queer-féministes/antipatriarcales, afin d’opposer à l’interaction de différentes formes de domination l’interaction de différentes perspectives et pratiques de résistance pour combattre ensemble toutes les formes de racisme.

Le racisme nous affecte toutes et tous. Les personnes qui n’en subissent pas les conséquences de manière négative bénéficient des privilèges qu’il leur donne. Le racisme advient dans le contexte néo-colonial de la suprématie blanche et de la culture de domination des personnes blanches. Il définit le fait d’être blanc.he comme normal et il ne s’agit pas simplement d’un point de vue, préjudice ou stéréotype personnel. Il est évident que le racisme n’a pas le même impact sur les personnes selon leur position dans la société, selon qu’elles sont blanches, noires, racisées, personnes de Couleur, personnes qui ont dû ou pas fuir leur pays, en tant qu’individu.e.s rendu.e.s « illégal.e.s », en tant que femmes ou hommes, etc. C’est pourquoi les personnes qui critiquent le racisme depuis un point de vue blanc doivent combattre leurs propres privilèges et sortir de leur normalité blanche de manière active. Le racisme ne disparaîtra pas simplement grâce à de bonnes intentions ! Pour combattre le racisme, les privilèges de la majorité blanche doivent être nommés, car c’est de ces privilèges qu’il est né.

Pendant le camp nous tenterons de mettre en place une structure d’espaces d’échanges safes avec d’autres PoCs/personnes racisées/migrant.e.s/personnes Slaves/Sinti/Musulmanes/Rroms et de créer des liens. Nous voulons rompre l’isolement et tester des stratégies pour nous retrouver et nous renforcer. Ce faisant, nous attacherons une grande importance aux visions anti-autoritaires. Nous aimerions rassembler la diversité de nos expériences pour retourner leurs fortes énergies contre le racisme et toutes les formes de domination.

 

Depuis les années 1990, des campements No Border ont lieu à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union européenne pour résister contre le régime frontalier européen et porter la contestation transnationale autant dans les régions frontalières que dans le centre de l’U.E. Ces campements concentrent les luttes anti-racistes et attirent l’attention publique là où se trouvent les points sensibles du système de contrôle des migrations. Ils ouvrent un espace autonome temporaire pour la création de réseaux entre les luttes antiracistes locales, l’échange de savoir entre activistes, pour la réflexion et la discussion. Par l’action collective, les campements No Border tentent de réaliser un peu plus l’idée d’une « liberté de circulation et d’installation »

[1] PoC – Personne de Couleur (Person/People of Colour) – est un terme englobant les personnes qui ont été touchées par le racisme et fait office de nom responsabilisant auto-proclamé. Les termes PoC/racisé.e/migrante/réfugié.e/juif-juive (…) sont tous des positionnements auto-proclamés qui sont très puissants dans les luttes politiques. Nous nous opposons à une uniformité oppressive et aux attributions de termes externes en essayant de mentionner d’autres positionnements. Une personne est un.e PoC si elle choisit d’utiliser ce terme pour elle-même.

[2] blanc – Le terme blanc et PoC/noir/migrant (…) ne réfère pas à des attributs biologiques mais à une construction sociale basée sur des critères arbitraires racistes. Blanc définit une position sociale dominante à laquelle on ne peut jamais renoncer et qui sera toujours effective (de même elle perdrait son sens dans une société non raciste). Afin de souligner les relations globales de pouvoir et de les renverser au moins au niveau linguistique, nous écrirons toujours blanc en minuscule et italique.

[3] Residenzpflicht (« résidence obligatoire » en allemand) est un critère appliqué aux personnes vivant en Allemagne qui demandent l’asile politique (Asylbewerber_innen), ou à qui on a octroyé un permis de séjour provisoire avant expulsion (Geduldete). Les personnes affectées sont forcées de vivre à l’intérieur d’un périmètre définis par les « offices d’immigrations locaux » (Ausländerbehörde).

[4] Nationalsozialistischer Untergrund, un groupe néonazi armé

[5] Un politicien allemand qui défend des thèses racistes et antisémites et promeut une politique d’immigration restrictive

 

white awareness et Empowerment (conscience blanche et renforcement)
No Border Camps

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