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Le blog de Benjamin Ball

Le blog de Benjamin Ball

"ce qui m'effraie ce n'est pas l'oppression des méchants c'est l'indifférence des bons"MLK Pour me contacter : 06 49 98 57 53 benjamin@wesign.it

Appel à constitution d'un syndicat électronique

 

http://www.e-syndicat.org/

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Appel à constitution d'un syndicat électronique, le 18 mai 2012

 

En ce vendredi 18 mai 2012, jour historique de l'entrée en bourse de l'entreprise Facebook évaluée par certains à plus de 100 milliards de dollars, nous, internautes contributeurs et citoyens, appelons à la constitution d'un syndicat électronique ayant pour objet la défense de nos droits sur les services en ligne.  
 
Ce record de levée de fonds, historique - entre 10 et 14 milliards - pour une première introduction sur les marchés financiers d’un acteur de l’économie de l'information, interroge sur la valeur substantielle de son service. Comment expliquer un tel montant ? Cette valorisation est-elle liée au logiciel et à l'infrastructure de l'entreprise ou aux informations que Facebook récolte et exploite avec ou sans le consentement de ses 900 millions d’usagers et contributeurs à travers le monde ?
 
La gratuité du service de Facebook est apparente. La jurisprudence récente d’une Cour d’appel française soumet les conditions d'utilisation de Facebook au respect des lois et règlements nationaux. La Cour d’appel de Pau rappelle que la récolte, le traitement et l’exploitation des données sont « une source très importante du financement des activités de Facebook » . Le masque de philantropie de Facebook et la nature de la contrepartie réelle de sa valorisation sont une illusion entretenue par la firme de Palo Alto. En réalité, Facebook accumule les milliards en piétinant nos droits à la maîtrise, la gestion et l’administration de nos contributions. Et la valeur de l'entreprise est indexée sur son abus de notre droit au contrôle de nos données personnelles, de leur utilisation et de leur destination. 
 
La différence entre « utilisateur » et « contributeur »
 
Les mots ont un sens : derrière le terme « utilisateur » se cache l'idée que l'internaute n'apporte rien à Facebook, et que son usage du service ne repose que sur des raisons strictement fonctionnelles ou de consommation. Or, le contenu de Facebook est le ciment qui maintient sa communauté. Si ce réseau est devenu incontournable, c'est d'abord parce que 900 millions de personnes s'y sont inscrites et qu'il s'agit pour une partie de la population d'un espace de socialisation indispensable. Ainsi, Facebook s'enrichit grâce aux contributions des internautes qui peuvent être de l'ordre de la création originale de la sélection d'information.
 
Facebook exploite les données personnelles de ses contributeurs
 
Nos carnets d'adresses sont entièrement scannés par Facebook à travers notre téléphone mobile ou notre webmail. L'identification biométrique par défaut permet à Facebook de reconnaître logos et visages sur les photos sans que le contributeur n'ait donné son autorisation explicite et préalable. La situation est plus qu'alarmante : l'intrusivité et la perte de contrôle du contributeur atteignent des niveaux dramatiques.
 
Depuis 2005, l'entreprise fondée par Mark Zuckerberg n'a de cesse d'aller plus loin dans la récolte, l'analyse et l'exploitationcommerciale de nos données avec un défaut total de transparence. Elle permet à certains services gouvernementaux d'interroger sans limite nos données personnelles et nos vies privées pour les besoins des enquêtes, et peut même les leur transmettre sans notre contrôle et en contradiction avec les lois d’application territoriale européennes qui les protègent. 

Facebook s'arroge des droits de propriétés quasi-exclusifs sur nos données personnelles, et ne nous permet d'en récupérer qu'un seul tiers, quand bien même elles sont  générées sans notre consentement clair et explicite. Ce fonctionnement diminue gravement notre maitrise sur nos données et encourage le maintien d'un monopole dangereux pour nos libertés.

Une liberté d'expression très limitée
 
De nombreux cas de censure ont été constatés au cours des 5 dernières années, dont certains particulièrement préoccupants. La censure des premiers événements #occupywallstreet a par exemple été révélée ; la plus grande vigilance à cet égard est nécessaire. La censure politique de la part d'une société dont le siège social se trouve sur le territoire d’une nation démocratique est intolérable et injustifiable.
 
Un syndicat électronique pour organiser la mobilisation collective
 
Malgré de nombreuses réactions, notamment au niveau européen, aucune limite stricte ne permet aujourd'hui le respect des droits des contributeurs et de leurs données.  
 
L’entrée en bourse spectaculaire de Facebook n'augure rien de bon pour les contributeurs. Le modèle économique de l'entreprise basé sur l'exploitation commerciale de la vie privée va pousser le service dans un sens encore plus intrusif et liberticide. Une collaboration accrue avec certaines autorités gouvernementales laisse craindre une mise sous surveillance permanente des citoyens.

Au moment où Facebook s'apprête à entrer en bourse, nous demandons à ce que nos droits passent avant les intérêts des actionnaires. Leurs bénéfices reposent sur nos contributions et nos données personnelles. La position monopolistique de Facebook et de son réseau social en font un espace de socialisation obligatoire pour toute une partie de la population. Nos données personnelles nous appartiennent, et Facebook doit associer très étroitement les contributeurs à ses choix stratégiques.
 
Nous appelons les contributeurs internautes à nous rejoindre pour constituer l'e-Syndicat afin de défendre nos droits ! Seule la prise de conscience, l'action collective, juridique et citoyenne d'un grand nombre de contributeurs pourront amorcer la construction d'un contre-pouvoir capable de faire face à l'entreprise de Mark Zuckerberg.
 
Notre force ? Nous sommes 900 millions de contributeurs déjà en réseau sur Facebook. Notre nombre, notre poids économique et notre organisation feront le reste. Leur faiblesse ? Leur besoin vital de nos contributions et de nos données personnelles, le piège de la nécessité d'une croissance sans limite pour survivre.

Ne nous voilons pas la face pour autant : la valeur  boursière que Facebook représente à travers son nombre d'inscrits, d'applications dédiées et de partenariats, est de loin supérieure aux moyens financiers dont nous disposons aujourd'hui en faveur de notre cause. La défense de nos droits ne sera possible que grâce à la mobilisation de tous. Que ce soit en relayant nos informations, en contribuant à nos actions, ou en nous financant, chacun peut agir et faire fonctionner l'e-Syndicat. Ensemble, organisons-nous !

 

Les premiers signataires :

 

Martine Billard, Députée de Paris
Sandrine Bélier, Députée Européenne
Corinne Lepage, Députée Européenne
Corinne Morel Darleux, Conseillère Régionale Rhone Alpes
Frédéric Neau
Sophie Duvauchelle
Ludovic Pénet
Gilles Roussi
Antonin Moulart
Ghislain Lambert
Laurent Le Besnerais
Vincent Philippot
Denis Germain
Archippe Yepmou
Benjamin Ball
Guillaume Soulet
Marie-Christine Augeraud
Nicolas Muller
Chantal Garnier
Antoine Kocko
Mouhsine Ouanina
Antoine Kocko
Samuel Druart
Stéphane Marchau
Michel Risser
Maxime Ouairy
Suzanne Nie
Mathieu Thépaut
Thoma Jeunot
Nadia Kherisi
Christophe Aygalenc

 

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